Vol AF447 : un renvoi en correctionnelle pour Air France et Airbus ?
Par amk, 06/11/2022

Vol AF447 : un renvoi en correctionnelle pour Air France et Airbus ?

Le parquet général a requis un renvoi en correctionnelle pour la compagnie aérienne Air France comme pour le constructeur Airbus, dans l’enquête sur le crash du vol AF 447 entre Rio de Janeiro et Paris qui avait fait 228 victimes il y a onze ans.

Après le non-lieu obtenu en septembre 2019 par la compagnie nationale française et l’avionneur européen, au grand dam des familles de victimes et du syndicat SNPL (les pilotes étant tenus seuls responsables), les deux sociétés mises en examen pour homicide involontaire deux ans après l’accident, le parquet de Paris avait indiqué son intention de faire appel. C’est désormais chose faite, le renvoi en correctionnelle devant être entendu le 4 mars 2021 par la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris selon des sources judiciaires du quotidien Le Parisien.

Le parquet général, allant plus loin que ses prédécesseurs selon qui seule Air France devait être encore poursuivie, reprocherait à cette dernière des « manquements fautifs », en particulier pour ne pas avoir pris en compte le « niveau de gravité des multiples incidents de perte d’indication de vitesse qui s’étaient succédé sur quinze autres vols entre mai 2008 et mai 2009 ». En ce qui concerne Airbus, le parquet général explique qu’il aurait « sous-estimé la dangerosité des incidents anémométriques consécutifs au givrage des sondes ». Ni Air France ni Airbus n’ont commenté cette annonce.

Vol AF447 : un renvoi en correctionnelle pour Air France et Airbus ?

Tous les passagers et membres d’équipage de l’Airbus A330-200 opérant le vol AF447 avaient péri dans l’accident, le plus meurtrier de l’histoire d’Air France. Les magistrats avaient lors de l’annonce du non-lieu considéré que « cet accident s’explique manifestement par une conjonction d’éléments qui ne s’était jamais produite, et qui a donc mis en évidence des dangers qui n’avaient pu être perçus avant ».

Selon le rapport du BEA publié en juillet 2012, le givrage en vol de sondes de vitesse Pitot avait conduit à un dérèglement des mesures de vitesse de l’A330 et désorienté les pilotes jusqu’au décrochage de l’appareil.

©BEA

©Air France

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