Affaire de Ligonnès. Pistes des enquêteurs, travail des journalistes… on a répondu à vos questions
Par amk, 19/08/2022

Affaire de Ligonnès. Pistes des enquêteurs, travail des journalistes… on a répondu à vos questions

Est-il mort ? Toujours en vie ? Et si oui, où se cache-t-il ? L’affaire Xavier Dupont de Ligonnès pose bien plus de questions que cela encore, et demeure, dix ans après les faits, l’une des plus grandes énigmes policières françaises.

Mort ou vivant, celui que l’on suspecte d’avoir, début avril 2011 à Nantes, tué de façon méthodique, ses quatre enfants Benoît, Anne, Thomas, Arthur, et son épouse Angès, reste introuvable. Aucune trace depuis cette dernière image saisie par une caméra de surveillance le montrant retirer de l’argent le 14 avril 2011 à Roquebrune-sur-Argens (Var). Suicide ou cavale, les enquêteurs patinent toujours.

Son visage a été vu un peu partout dans le monde. Quelque 1 200 signalements ont été rapportés aux policiers. D’un monastère de Roquebrune-sur-Argens où des fidèles croyaient l’avoir reconnu parmi les moines jusqu’à l’invraisemblable arrestation en octobre 2019, à l’aéroport de Glasgow, d’un homme aux empreintes proches de celles du suspect, cette affaire continue de tenir l’opinion publique en haleine.

Mieux comprendre cette histoire, explorer les méthodes des enquêteurs, savoir comment travaillent les journalistes, voilà l’ambition de ce direct au cours duquel vous avez pu interroger Thomas Heng et Jean-François Martin, deux faits-diversiers de notre rédaction de Nantes qui continuent de suivre cette affaire.

Suivez le direct de l'événement

Merci, votre question a bien été envoyée à la rédaction.

Attention, une erreur s'est produite lors de l'envoi de votre question.

Le champ est obligatoireCe champ ne doit pas dépasser 1000 caractèresLe champ est obligatoireCe champ ne doit pas dépasser 50 caractères

Votre e-mail est collecté par le Groupe SIPA Ouest-France pour recevoir nos actualités.En savoir plus.

Posez votre question à la rédaction

Pour poser votre question à la rédaction, vous devez vous connecter ou créer un compte Ouest-France.

Je crée mon compteJe me connecte

vendredi 2 avril 2021

Des questions, des réponses pour mieux comprendrePendant deux heures, à l'occasion des dix ans de cette affaire, vous allez pouvoir questionner Thomas Heng et Jean-François Martin, deux faits-diversiers qui suivent ce dossier pour Ouest-France depuis de nombreuses années déjà.L'ambition n'est pas ici de résoudre cette affaire hors-norme, mais d'éclairer sur le travail des enquêteurs, les pistes explorées, celles qui ont été définitivement refermées et celles qui restent encore ouvertes. D'aborder aussi le caractère exceptionnel de cette enquête et voir comment les journalistes l'ont accompagnée et la suivent encore aujourd'hui. Alors n'hésitez pas ! Nos deux journalistes tenteront de répondre aux mieux à vos questions que vous pouvez poser via le formulaire ci-dessus ou par mail ouest-france.vous.repond@ouest-france.fr

vendredi 2 avril 2021

13h06Voilà, il est l'heure de clore ce direct. Merci pour vos questions, souvent très pointues.Merci aussi à Thomas Heng et Jean-François Martin pour les réponses apportées.Et pour celles et ceux qui souhaitent retrouver l'ensemble des articles que Ouest-France a consacrés à cette affaire hors-norme, c'est sur 👉 cette page.Bonne journée à toutes et tous. 13h04VOS QUESTIONS Bonjour Baptiste et merci pour votre question. L’hypothèse d’un suicide reste très forte et pas dénuée de sens. Se suicider ET rester introuvable, cela peut être destiné à « protéger » ceux qui restent, le nom de famille.C’est d’ailleurs assez efficace puisque ce mystère qui demeure permet à la famille de Xavier Dupont de Ligonnès de nourrir des doutes sur sa culpabilité.L’avocat Stéphane Goldenstein, qui défend la mère de Xavier Dupont de Ligonnès nous le déclare encore aujourd’hui : « si ça fait du bien à sa mère de penser qu’il est innocent, et que tout le monde est vivant, je ne peux pas lui dire qu’elle a tort. »La piste d’un départ par bateau a bien sûr été étudiée. Elle n’a rien donné. Ce qui ne veut pas dire qu’elle est impossible. C’est même, pour ceux qui croient à la cavale, une des hypothèses qui demeure. 13h02VOS QUESTIONS Bonjour Michel et merci pour votre question. Oui, les enquêteurs ont croisé les regards. Si la mémoire de l’affaire, le cœur du dossier est bien à la PJ de Nantes, l’Office central pour la répression contre les violences aux personnes (OCRVP) est aussi en charge de l’enquête, avec d’autres méthodes, d’autres regards.Mais ils restent toujours bloqués au 15 avril... 2011. 12h56VOS QUESTIONS Bonjour Robin et merci pour votre question. Comme le disait Xavier Ronsin, procureur au début de l'affaire que nous avons interrogé tout récemment, « la prescription n’est absolument pas en danger ».Fixée à 30 ans pour assassinat sur mineurs, le délai est interrompu pendant les actes d’enquête. Aucun risque donc. 12h48VOS QUESTIONS Bonjour Mathilde et merci pour votre question. Bien sûr, l’actualité commande notre activité, et Nantes est confrontée depuis quelques années à l’explosion des règlements de comptes armés sur fond de trafic de stupéfiants. Ils occupent une grande partie de notre attention.Il est devenu très difficile de travailler sur l’affaire Ligonnès. D’abord, il ne s’y « passe » plus grand-chose, les enquêteurs sont soumis au secret, l’actuel procureur de Nantes est peu bavard, les avocats campent sur leurs positions... Le premier qui parle est menacé de représailles ou poursuites judiciaires. Bref, c’est compliqué mais, en vrai, c’est souvent compliqué ! 12h38VOS QUESTIONSBonjour Richard et merci pour votre question. Les enquêteurs disposent d’énormément d’éléments sur la personnalité d’Agnès, qui est une victime comme les quatre enfants dans cette affaire. En revanche, elle a été, effectivement, peu décrite dans la presse. Si l’on en croit Anne de Noirmont, une cousine proche d’Agnès, qui s’est confiée ces derniers jours à Ouest-France, de nombreux éléments, rapportés dans des articles ou émissions, ne lui correspondraient pas.Ce flou qui entoure la personnalité d’Agnès s’explique très certainement par le mutisme de sa famille, et en particulier de ses trois frères. Comme nous le disait Anne de Noirmont, tous les proches d’Agnès ont voulu « se préserver du voyeurisme ». Ce qui peut aisément se comprendre tant ils ont fait l’objet de sollicitations incessantes, même dix ans après le quintuple meurtre.Si beaucoup l’oublient, il y a derrière ce quintuple meurtre, des proches toujours très affectés. Dont le deuil est quasiment impossible tant ils ne sont jamais à l’abri, en allumant télé ou radio, d’entendre parler de l’affaire.Retrouvez ici notre entretien avec Anne de Noirmont, cousine d'Angès Dupont de Ligonnès 👇. « Un cauchemar qui revient sans cesse » : la cousine d’Agnès de Dupont Ligonnès témoigne 12h33VOS QUESTIONS Bonjour Yvan et merci pour votre question. Effectivement, je partage vos objections. L’affaire John List aux Etats-Unis, dont que nous évoquons un peu plus bas dans ce direct démontre néanmoins l’inverse. Il a réussi à rester en cavale pendant 18 ans, sous une nouvelle identité, après avoir assassiné sa famille.Néanmoins nous étions dans les années 70-80, les enquêteurs ne disposaient pas des mêmes moyens techniques de recherche. La pression médiatique aussi était moins intense. 12h26VOS QUESTIONSBonjour Mathieu et merci pour cette question. Si les enquêteurs et ceux qui ont eu accès au dossier sont très divisés sur le fait que Xavier Dupont de Ligonnès soit mort ou vivant, il ne le sont pas sur la fin de l’histoire.Tous restent convaincus – ou veulent le croire – que l’affaire connaîtra un épilogue.Ils s’appuient sur l’Histoire criminelle, avec de nombreuses cavales qui ont duré des années avant de prendre fin. Ou sur ces corps retrouvés des années après.Quand nous étions partis dans le Var, en reportage à Roquebrune-sur-Argens, des spéléologues nous avaient raconté qu’il existait des milliers de cavité profondes dans les montagnes. Et que les ossements d’un maquisard n’avait été découverts que des dizaines d’années après la guerre. 12h22VOS QUESTIONSLe « ressort » numéro un, c’est le mystère, bien sûr. Il y a de nombreux crimes intrafamiliaux, des pères qui tuent femme et enfants, dont on ne parle que dans les colonnes de la presse locale, de proximité. Ici, toutes les hypothèses ou fantasmes restent possibles. Ce qui laisse libre-court à chacun pour échafauder tous les scénarios.Et puis, il s’agit d’une famille très ordinaire finalement, à laquelle chacun peut s’identifier. Tout le monde peut se demander comment on en arrive là, sans signes avant-coureur autre que des dettes, là encore très banales...Enfin, l’affaire a connu des rebondissements dans de nombreux lieux en France, finissant par captiver un peu partout. Autre élément : le mystère a été entretenu par nombre de scénaristes,écrivains, réalisateurs.Je crois aussi qu’il y a une vraie « fascination » pour les cavales. Xavier Ronsin, qui était procureur de Nantes quand l’affaire a éclaté, a apporté cette semaine dans l’interview qu’il nous a accordé une excellente réponse à votre question : « Ce qui fascine et horrifie le lecteur ou le spectateur assidu de tous les articles et reportages qui ont été écrits ou diffusés à propos de ces crimes depuis dix ans, c’est la possibilité – hypothèse – monstrueuse qu’un père, bien sous tous rapports selon ses proches et intimes, puisse exécuter froidement ses quatre enfants et sa femme et même leur tendre des pièges avant de les tuer et qu’ensuite ce même homme arrive à vivre, que ce soit quinze jours ou plus. Dans l’inconscient collectif, « le mal » ne peut avoir figure ou vie « normale », on recherche le « monstre » et quand le portrait ne correspond pas, je présume que cela entraîne une forme de trouble ou d’angoisse qui se résout par le sarcasme ou l’ironie. »Retrouvez ici l'intégralité de notre entretien avec le procureur.Comment vivre après avoir piégé et exécuté femme et enfants ? 12h16VOS QUESTIONSBonjour Nicole et merci pour votre question. Nous n'avons aucune connaissance d’aucune recherche de la PJ au Vatican ! Vous êtes plusieurs centaines à avoir le sentiment d’avoir reconnu le fugitif, en Capadocce, au Vatican, en Thaïlande, en Amérique. Souvent, ces témoignages interviennent après la diffusion de reportages ou articles qui ravivent les mémoires.Aucun d’entre eux n’a permis, pour l’heure, de faire progresser l’enquête. La dernière trace, certaine, de Xavier Dupont de Ligonnès se situe toujours à Roquebrune-sur-Argens, le 15 avril 2011, comme aux premiers jours de l’enquête, voilà dix ans...12h12VOS QUESTIONSBonjour Mark et merci pour cette question. Il est vrai qu’on ne dispose d’aucune image modélisée de ce à quoi il pourrait ressembler aujourd’hui... Dix ans après, c’est tellement difficile.Barbe ou pas, cheveux ou pas... Sans même imaginer de chirurgie esthétique, pas simple de diffuser un portrait-robot efficace et utile.12h08VOS QUESTIONSBonjour Claude, et merci pour votre question. A dossier hors-norme, questions pointues et parfois réponse un peu longue. Mais c'est parfois nécessaire pour un voir clair !Et s’il était effectivement caché dans un monastère ? C’est la question qui taraude les enquêteurs. Un ancien commandant de la PJ nous disait d’ailleurs en début de semaine que c’était son intime conviction. Sans avoir aucun élément tangible.Souvenons-nous que le 9 janvier 2018, une vingtaine d’enquêteurs de la police judiciaire ont perquisitionné le monastère Notre-Dame-de-Pitié de Roquebrune-sur-Argens. Si certains avaient fait le déplacement depuis Nantes (les autres venaient de Toulon), c’est que le signalement, venu de deux paroissiennes habituées des offices de la congrégation, leur semblait solide. D’autant plus plausible que Xavier Dupont de Ligonnès était connu pour son tropisme religieux, voire ses accès mystiques. D’autant plus également que ces frères Carmes ont fait vœu de silence.Un « tuyau » a permis à Ouest-France de suivre de près cette opération. Un reporter et un photographe du journal se trouvaient dès 5 h 45, ce lundi matin de janvier, aux abords du monastère, qui domine le village de Roquebrune où Xavier Dupont de Ligonnès a été aperçu la dernière fois, le 15 avril 2011. Nous pensions que les policiers interviendraient à 6 h, pour les laudes et la lecture des psaumes. Ils ont finalement débarqué juste après le second office, qui a lieu à 10 h, ouverts aux paroissiens. Une arrivée à pas de loup, sans sirène ou gyrophare. Ils ont garé leurs véhicules en contrebas de la grande bâtisse aux volets verts perdue au milieu de la garrigue.Deux d’entre eux sont restés sur le chemin sinueux, le seul accès. Un autre a lancé un drone pour s’assurer que l’homme recherché ne prenne pas la fuite. Les autres ont perquisitionné le monastère. Sans trouver trace de Xavier Dupont de Ligonnès.L’après-midi, alors que des dizaines de journalistes avaient accouru au monastère en fin de matinée, l’un des frères Carmes avait improvisé une conférence de presse. Xavier Dupont de Ligonnès a-t-il prié parmi eux ? « Je ne vois même pas qui c’est au niveau physique ! Je n’ai jamais lu d’articles sur lui. La seule chose que je sais, c’est qu’il a assassiné sa famille. » Mais aurait-il vu le meurtrier présumé ? « Non, je ne l’ai jamais rencontré. » Avant de glisser : « Peut-être est-il venu à la messe et que je lui ai donné la communion ? »Pressé par les questions, il n’avait pas balayé pas d’un revers de main les témoignages des paroissiennes ? « C’est tout fait possible qu’il ait été reconnu lors d’un office. »Il n’empêche, la piste d’un repli dans un monastère reste tout à fait envisageable. Mais ils sont si nombreux dans la région et dans les pays frontaliers qu’il est impossible de les perquisitionner tous sans motifs. Dans une toute autre affaire, un enquêteur de la PJ nous racontait ce matin qu’une femme recherchée pour séquestration d’enfant avait été retrouvée deux ans plus tard dans un monastère dans la région bordelaise. « C’est une perquisition chez sa mère qui nous avait permis de remonter cette piste. Nous avions trouvé le nom du fameux monastère sur un petit bout de papier froissé. » 12h00VOS QUESTIONSBonjour Monique et merci pour votre question. Comme nous le disions un peu plus tôt, ma conviction est d’assez peu d’intérêt. Pour tout vous dire, je suis intimement convaincu qu’il s’est suicidé. Mais les enquêteurs qui disposent de toutes les pièces du dossier, eux, restent divisés.Chez les journalistes, en général, la question divise. Reste que dans les affaires de crimes familiaux, dans l’immense majorité des cas, les meurtriers mettent fin à leurs jours. Xavier Dupont de Ligonnès ne disposait, a priori, pas d’argent devant lui, ni du soutien d’une mafia pour l’aider dans sa cavale. Elle est donc peu probable. Pas impossible mais peu probable. Le procureur de Nantes en charge de l’affaire dans les premiers jours avait lui aussi clairement dit, à son départ, que l’hypothèse principale était celle d’un suicide. Mais c’est juste une hypothèse principale à mes yeux. Quant à savoir s’il pourrait se cacher dans une communauté religieuse, oui, c’est la théorie la plus présente chez ceux qui croient que sa cavale dure toujours. Elles sont très nombreuses et certaines peuvent avoir échappé au fracas médiatique qui entoure cette affaire.11h55VOS QUESTIONSBonjour Plaisance et merci pour votre question. Effectivement, Xavier Dupont de Ligonnès a grandi avec deux parents qui pour des raisons diamétralement opposées ont forcément beaucoup pesé. Il est très difficile d’imaginer que des contacts puissent encore exister entre les deux. Il faudrait, si Xavier Dupont de Ligonnès était toujours en vie, qu’il ait trouvé les moyens de déjouer les surveillances dont sa famille a fait l’objet par la police.Encore une fois, bien sûr, rien n’est impossible. Juste peu probable. Mais le procureur de Nantes, Xavier Ronsin, rappelait volontiers au début de l’affaire qu’une enquête criminelle ne se construit pas sur des probabilités, mais avec méthode. La méthode consiste à fermer les portes les unes après les autres, sans négliger de pistes. 11h49REPÈRESXavier Dupont de Ligonnes est soupçonné d’avoir tué sa femme, Agnès, et ses quatre enfants, Arthur, Thomas, Anne et Benoît, entre le 3 et le 5 avril 2011, à Nantes. Il s’est ensuite évaporé dans la nature, devenant le meurtrier le plus recherché de France. Dix ans après, son ombre plane encore partout. Un parcours retracé dans cet article 👇.Dix ans après, le fantôme de Ligonnès hante la France 11h44VOS QUESTIONS Bonjour Franck et merci pour votre question. Le traitement des faits-divers à Ouest-France est un sujet central, encadré par une charte de plusieurs pages. Ses grands principes ? « Dire sans nuire, montrer sans choquer, témoigner sans agresser, dénoncer sans condamner ». Ce texte nous pousse à la pondération, l’équilibre, le doigté, la contradiction, la rigueur. Je peux vous dire que c’est un guide parfaitement partagé dans le journal.Mais bien sûr, l’affaire Dupont de Ligonnès est tellement extraordinaire, tellement folle , qu’elle nous bouscule.Ce que je peux vous dire, avant de revenir sur l’arrestation de 2019, c’est que dans un dossier comme celui-ci, terreau de fantasmes, de polémiques, d’hypothèses douteuses et sulfureuses, oui, nous nous sommes cramponnés à notre charte, en essayant de ne pas nous enfoncer dans des sables mouvants, en essayant de ne pas donner trop de place, voire pas de place du tout aux assertions farfelues.Reste l’accident, très violent, de la vraie-fausse arrestation de 2019... Dans le très douloureux week-end qui a suivi, un confrère nantais disait, « c’était inévitable mais c’est inexcusable ». C’est assez juste. Ce soir-là, pour multiplier les sources, nous avons renoncé au scoop. Comme beaucoup d’autres titres, nous disposions d’alertes, de tuyaux, mais nous avons pris le temps d’avoir plusieurs sources. Ce que nous avons probablement négligé, c’est que ces sources, même éloignées en France, même dans des services différents, se basaient elles même sur un même message qui circulait partout.Face à des policiers qui fêtaient l’évènement, il nous a manqué l’appel à la prudence du procureur de Nantes, qui est venu tard dans la nuit, après les bouclages et qui aurait pu permettre d’éviter ce naufrage, sur lequel la presse s’est longuement expliquée et excusée. 11h39VOS QUESTIONS Bonjour Colette et merci pour votre question. Les pistes religieuses ou sectaires ont été examinées, bien sûr. Mais il est impossible pour la police de fouiller toutes les communautés, les confréries de France et du monde. Quand la police avait débarqué dans un monastère, à Roquebrune sur Argens, en 2018, à la suite d’un signalement, il s’agissait d’un lieu qui n’avait pas encore été passé au peigne fin alors qu’il se situe dans la zone de disparition du fugitif.Quant aux Etats-Unis, certes, XDDL nourrissait des rêves d’Amérique, mais il faut avoir les moyens financiers de s’y rendre, d’y vivre. Des faux papiers aussi qui passent les contrôles d’entrée sur le territoire. Et y accéder sans jamais avoir mené de recherches sérieuses sur le sujet et sans contact, puisque le passé numérique de Xavier Dupont de Ligonnès a été soigneusement retracé. 11h34VOS QUESTIONS Bonjour Philippe. Vous posez plusieurs questions. Concernant une éventuelle complicité, on en revient au problème central de cette affaire : tant que Xavier Dupont de Ligonnès ne sera pas retrouvé, toutes les hypothèses pourront prospérer et on voit mal qui pourrait les démentir, puisqu’on ne sait pas.Une complicité ? Pourquoi pas. Mais par définition, elle se prépare. Et ce qui se prépare laisse des traces... On a retrouvé Xavier Dupont de Ligonnès achetant de la chaux, des outils, s’entraînant au tir... Et rien sur la préparation de sa complicité ? Rien n’est impossible. Disons que c’est difficile à croire. D’autant que 10 ans après, le complice n’aurait jamais craqué sous le poids de la culpabilité, les remords ?En revanche, un coup de main providentiel et fortuit d’un inconnu qui ignore tout de l’affaire et le prend en stop ? Pourquoi pas. Un refuge dans une confrérie religieuse peu exposée au bruit médiatique... Pourquoi pas.Concernant « ma » certitude que XDDL soit le principal acteur de ces meurtres, je ne peux rester qu’à ma place de journaliste. Le point de vue des enquêteurs est que l’affaire est « résolue policièrement ». Ils n’ont identifié aucun autre suspect et ont accumulé un nombre considérable d’éléments de preuves. La justice tranchera. Mais un mandat d’arrêt international reste actif.Enfin concernant la famille de Xavier Dupont de Ligonnès, là encore, elle participe à nourrir les fantasmes et permet d’échafauder des théories. Rappelons que la famille ne croit pas à la culpabilité de XDDL. Et qu’effectivement, le fonctionnement de l’église de Philadelphie où officie la mère de Xavier Dupont de Ligonnès est assez sulfureux pour être l’objet d’une enquête judiciaire. Mais la piste d’une protection du fugitif par cette église a été examinée. Sans succès. 11h29REPÈRESCi-dessous, l'article publié ce matin à l'occasion des dix ans de l'affaire. Il permet aussi de faire le point. Dix ans après, le fantôme de Xavier Dupont de Ligonnès hante la France 11h24VOS QUESTIONS Bonjour Guillaume et merci pour votre question. Le magazine Society a publié, cet été, une remarquable enquête qui a rencontré un très grand et mérité succès. Elle est truffée de détails et laissent entendre que des pistes n’avaient pas été explorées. Pour autant, Michel Rétif a été interrogé par les policiers plusieurs fois. Et si cet ami et Xavier Dupont de Ligonnès se trouvaient bien dans la même région au moment de la disparition du fugitif, aucune connexion physique entre les deux hommes, dans ces moments, n’a pu être établie. Society a retrouvé le pilote, qui a confirmé semble-t-il la version donnée par Michel Rétif.Une des grandes particularités de ce dossier, c’est le nombre de coïncidences dingues auxquelles les enquêteurs ont été confrontés. Par exemple, un témoin pense voir le fugitif, près du lieu de sa disparition, au tout début de l’affaire. Les policiers vont vérifier. Ils découvrent qu’une voiture a été louée par une femme qui porte exactement le même nom qu’une maîtresse de Xavier Dupont de Ligonnès, qu’il avait recontactée avant de disparaître ! Ça y est, ils pensaient avoir retrouvé sa piste, le tenir ! Las. C’était un simple homonyme, dans le lieu précis où un témoin jurait avoir vu le fuyard. Dingue.Des centaines de vérifications de ce type ont été menées en vain. Elles le sont toujours quand cela s’impose.Mais bien sûr, les enquêteurs avaient du retard sur le Xavier Dupont de Ligonnès. Ils ont donc évidemment pu manquer des choses. 11h18VOS QUESTIONS Bonjour Benoît et merci pour vos questions. La police le recherche, oui, bien sûr. Si par activement vous imaginez qu’il y a tous les jours des battues, des recherches sur le terrain, ce n’est plus le cas depuis des années. Les pistes les plus sérieuses, menant vers les ports, les aéroports, les amis, les maitresses, les téléphones ont été refermées une à une dans les premiers mois de l’enquête. Les nouveaux signalements – plus de 1200 à ce jour – restent systématiquement examinés, bien sûr, avec le soutien des polices locales. Un mandat d’arrêt international est toujours actif.Vivant ? Notre opinion a peu d’importance. Disons que ceux qui sont proches du dossier disent toujours : vivant ou mort, c’est 50/50. On peut néanmoins penser que c’est une manière de garder la foi car à mes yeux beaucoup d’éléments plaident en faveur d’un suicide.Les plus grandes avancées de l’enquête, à ce jour, sont celles qui ont permis de...reconstituer la fuite de Xavier Dupont de Ligonnès et de combler une partie de l’avance que le fugitif s’était offert. Retrouver les corps, constater qu’ils avaient été tués avec la même arme, reconstituer le parcours de XDDL dans sa fuite vers le Var et trouver ces dernières traces de vie, à Roquebrune-sur-Argens, avec de retrait de 30 euros et ce départ à pied...Rien de ce je connais ne me laisse vraiment penser à une éventuelle complicité, mais je suis loin de tout connaître. 11h14REPÈRES Nous évoquions dans la réponse précédente faite à Claude, les ressemblances avec les affaires Romand et List. Voici un article qui rappelle ces similitudes 👇.Affaire Xavier Dupont de Ligonnès. D’autres crimes, de l’Américain John List à Jean-Claude Romand 11h09VOS QUESTIONSBonjour Yvon et merci pour votre question. Bien sûr, c’est l’une des affaires criminelles les plus ressemblantes (avec le dossier John List, aux États-Unis).Effectivement, il s’agit dans les deux cas d’hommes acculés financièrement et prisonniers de leurs mensonges, de leurs échecs, incapables d’assumer de ne pas avoir répondu aux attentes et espoirs de leurs familles. Jean-Claude Romand avait néanmoins cherché à se suicider, en absorbant des médicaments, périmés certes, mais il avait été hospitalisé dans un état sérieux.Si les chemins semblent très parallèles, ils bifurquent après les crimes. Dans l’affaire Ligonnès, c’est le mystère qui fascine et alimente tous les fantasmes.11h05VOS QUESTIONS Bonjour Hervé et merci pour votre question. Ce dossier parfaitement extraordinaire laisse à penser que tout est possible. Néanmoins, changer de visage et d’identité demande beaucoup de préparation, de moyens et de complicités. Or il semblerait qu’il ne disposait d’aucune de ces trois ressources.Changer de continent, c’est toujours possible, en prenant place à bord d’un bateau où l’on est peu regardant sur les passagers par exemple. Ou en étant pris en stop. Les chances sont maigres, pas inexistantes. 11h01VOS QUESTIONSBonjour Guillaume et merci pour votre question. De nombreuses personnes déclarent avoir vu le père un peu partout dans le monde. Le petit « buzz » autour de la Thaïlande repose, à ma connaissance, sur le fait qu’un internaute anime une page dédiée sur Facebook avec des propositions de récompense, ce à quoi s’ajoute le fait qu’un ami d’enfance, Bruno de Strabenrath, a repris à son compte cette hypothèse et l’a déployée pendant la promotion de son livre paru cet hiver. J’ajoute que les Philippines et la Thaïlande c’est quand même très large et différent... On ne peut pas parler là d’une piste négligée.Une piste, c’est, par exemple, un homme qui dort dans une chambre d’hôtel quelque part et laisse derrière lui des draps ou mégots de cigarettes que l’on peut saisir et analyser pour comparer les ADN. Ou un témoignage étayé d’un témoin qui aurait parlé avec un suspect lui livrant des secrets.10h59Les dates clés de l'affaireL'affaire de Ligonnès, débutée en avril 2011 à Nantes, a été marquée par de nombreux événements et rebondissements. Pour bien les avoir en tête, voici une petite vidéo 👇. 10h50Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré à l'affaire Xavier Dupont de Ligonnès.Partager cet article Affaire de Ligonnès. Pistes des enquêteurs, travail des journalistes… on a répondu à vos questionsOuest-France.fr

Affaire de Ligonnès. Pistes des enquêteurs, travail des journalistes… on a répondu à vos questions

Mots clés: