Lockheed-Martin obtient un contrat de 11 milliards de dollars pour faire voler les F-22A Raptor jusqu’en 2031
Par amk, 09/10/2022

Lockheed-Martin obtient un contrat de 11 milliards de dollars pour faire voler les F-22A Raptor jusqu’en 2031

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Développé dans les années 1990 par Lockheed-Martin, l’avion de combat de 5e génération F-22A « Raptor » a constamment évolué depuis son entrée en service, en 2005. Ainsi, en 2011, et alors que le dernier exemplaire sortait d’usine, il fut question d’investir près de 10 milliards de dollars pour doter cet appareil de supériorité aérienne de capacités air-sol et améliorer encore ses performances.

Pour rappel, le Pentagone voulait initialement disposer de 750 F-22A Raptor. Seulement, avec la fin de la Guerre Froide, la « cible » fut réduite à 350 unités. Puis, l’administration Obama décida, en 2009, d’en arrêter la production afin de dégager des ressources budgétaires au profit du programme F-35. Aussi, seulement 187 exemplaires furent livrés à l’US Air Force, ce qui fit grimper leur prix unitaire à 400 millions dollars.

L’arrêt de la production du F-22A Raptor n’aura pas été une décision pertinente. D’une part, et avec l’évolution du contexte international [marqué, s’agissant des États-Unis, par la rivalité grandissante avec la Chine], le nombre d’appareils en dotation est désormais insuffisant. Et, d’autre part, l’approvisionnement en pièces détachées s’en trouve plus difficile, ce qui complique le maintien en condition opérationnelle [MCO] et joue sur la disponibilité de ces avions. Un rapport du Government Accountability Office [GAO, équivalent américain de la Cour des comptes] avait ainsi déterminé qu’il fallait parfois 30 semaines pour remplacer un composant défectueux.

Dans le même temps, l’US Air Force entend réduire le nombre de types d’appareils en service au sein de son aviation de combat d’ici 2030. En mai dernier, son chef d’état-major, le général Charles Q. Brown, avança qu’il était question d’investir sur le F-15EX « Super Eagle », le F-35A Lightning II, le F-16 [susceptible d’être remplacé par un chasseur-bombardier de génération 4,5, ndlr] et l’avion de 6e génération issu du programme « Next Generation Air Dominance » [NGAD].

Lockheed-Martin obtient un contrat de 11 milliards de dollars pour faire voler les F-22A Raptor jusqu’en 2031

Quoi qu’il en soit, et même s’il ne fait plus partie des plans à long terme de l’US Air Force, le F-22A Raptor a encore quelques années devant lui. D’où le lancement du programme ARES [Advanced Raptor Enhancement and Sustainment], afin de moderniser, sans doute une dernière fois, les appareils encore en dotation.

Le 5 novembre, le Pentagone a ainsi annoncé avoir attribué à Lockheed-Martin un marché de près de 11 milliards de dollars afin d’assurer le soutien et la modernisation de la flotte de F-22A Raptor. Le communiqué évoque des « mises à niveau », des « améliorations » et des « correctifs », ainsi que la fourniture de services logistiques « basés sur la performance ». Le contrat se terminera le 31 octobre 2031. Ce qui veut dire que l’US Air Force prévoit de conserver ce type d’appareil dans son inventaire pendant au moins dix ans de plus.

« Nous traitons [le F-22] comme une passerelle vers la capacité ‘NGAD' », avait expliqué le général Clinton Hinote, le chef d’état-major adjoint de l’US Air Force, chargé de la stratégie, à Defense News, en mai dernier. « À l’horizon 2030, nous aurons une plateforme vieille de 40 ans. Et ce ne sera tout simplement plus le bon outil, surtout quand nous parlons de défendre nos amis, comme Taïwan, le Japon et les Philippines, contre une menace chinoise qui ne cesse de s’affirmer », avait-il fait valoir.

Dans le détail, l’US Air Force dispose de 186 F-22A Raptor [un exemplaire a été perdu en mai 2020, ndlr]. Sur ce total, 123 sont mis en oeuvre par des escadrons de première ligne [ceux appartenant aux versions block 30/35/40], 29 sont affectés au 43rd Fighter Squadron pour la formation des pilotes et 16 sont utilisés pour des essais. Les avions restants ont été mis en réserve pour compenser une éventuelle attrition.

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