Test Amplificateur Yamaha RX-A8A
Par amk, 26/06/2022

Test Amplificateur Yamaha RX-A8A

Nouveau « monstre » au sein de la gamme Avantage de Yamaha, le RX‑A8A millésime 2021 a pour ambition de convaincre les audiophiles les plus exigeants de l’apport du multicanal en matière de réalisme de l’écoute. Pour cela, cet amplificateur intégré mise sur l’expérience acquise par la marque au fil des ans et de sa maîtrise en matière de restitution sonore.Test Amplificateur Yamaha RX-A8A Test Amplificateur Yamaha RX-A8A

Yamaha RX-A8A, héritier du Yamaha DSP-Z11

Yamaha proposait déjà dans la famille Avantage un système doté de onze canaux réels de très haute qualité. Il s’agissait du préamplificateur MusicCast CX‑A5200 auquel il était recommandé d’associer le bloc de puissance MX‑A5200. Cependant, le fait de disposer d’éléments séparés rendait le câblage de l’installation complexe. De plus cette séparation des fonctions occasionnait aussi un accroissement notable du coût de production du système. Dans un but de simplification, Yamaha a donc eu l’idée de regrouper ces deux éléments en un unique boîtier, à l'instar du DSP‑Z11 (cliquez sur la référence du produit pour découvrir le test complet du produit par la rédaction d'AVCesar.com) apparu en 2008 au catalogue de la marque. En définitive, le RX‑A8A regroupe sous forme d’un intégré les électroniques du préamplificateur MusicCast CX‑A5200 et du bloc de puissance MX‑A5200 (cf. photo ci‑dessous avec le préamplificateur CX‑A5200 au‑dessus du RX‑A8A et le MX‑A5200 en dessous). Des maillons de très haute qualité capables de répondre tant aux exigences des systèmes Home Cinéma les plus évolués qu’aux écoutes en stéréophonie conventionnelle.

Technologies exclusives Yamaha

Pour répondre aux attentes des passionnés les plus exigeants, la section pré‑amplificatrice du RX‑A8A se dote de caractéristiques techniques d’exception. Un processeur Qualcomm QCS407 (cf. photo ci‑dessous) lui offre un comportement sonore encore optimisé avec la prise en charge des systèmes audio immersifs Dolby Atmos et DTS:X. La conversion des flux numériques, pour sa part, est confiée à un Dac ESS Sabre ES9026 Pro 384 kHz/32 bits pour les sept canaux principaux. De plus ils bénéficient également du traitement Auro 3D (via mise à jour Firmware à venir). Pour une gestion irréprochable des flux Hi‑Res Audio les plus actuels, la compatibilité avec les fichiers Flac et Wav 384 kHz/32 bits est assurée.

Pour aller encore plus loin, plusieurs traitements propres à Yamaha ou à ses partenaires sont aussi mis en œuvre. C’est le cas du traitement (THD) Hyper Stream 32 bits d'ESS, qui permet d’optimiser dynamique et rapport signal/bruit, ou de l’architecture D.O.P.G. (Dac on Pure Ground) chargée de réduire le bruit de fond. Des spécificités qui viennent encore compléter les traitements numériques d’optimisation et affinent aussi la qualité des silences tout comme la résolution du message sonore pour en resituer les moindres subtilités.

Test Amplificateur Yamaha RX-A8A

Autre innovation majeure, le RX‑A8A se dote de la technologie Surround AI. Ce traitement numérique basé sur des algorithmes d’intelligence artificielle a pour objet de recréer des canaux virtuels. Il offre une sensation d’immersion sonore magnifiée. Intégrée au DSP, la technologie IA analyse la scène sonore, puis crée des canaux d’immersion sonore complémentaires pour lui offrir un excellent réalisme. Cette analyse faite par intelligence artificielle en temps réel prend en compte des éléments sonores spécifiques et représentatifs de chaque environnement acoustique, tels que les dialogues, la musique de fond, les sons ambiants et les effets sonores pour générer des informations cohérentes et complémentaires à celles des canaux existants. Le système gère ainsi chaque canal comme le ferait un ingénieur du son pour optimiser l’écoute.

Objectif Slew Rate

Reste que, au sein d’un « intégré », si la qualité de la pré‑amplification est primordiale, encore faut‑il lui associer des étages de puissance capables d’exploiter pleinement ses possibilités. Pour l’amplification de puissance de son nouveau venu, Yamaha s’est orienté vers une configuration assez conventionnelle. Elle s’articule autour de onze étages de sortie qui font appel à des push‑pulls de transistors de puissance travaillant en Class AB. Chacun d’eux est en mesure de délivrer une puissance atteignant 150 W et même jusqu’à 230 W sous 4 ohms. Le RX‑A8A sera ainsi en mesure de dompter avec beaucoup d’aisance les enceintes les plus rebelles. De plus, pour lui offrir un tempérament vif et réactif, ces étages de puissance inédits (cf. photo ci‑dessous) disposent d’une très haute vitesse de balayage (Slew Rate). Un paramètre dont on parle rarement et qui mérite quelques explications.

En fait la vitesse de balayage d’un système électronique correspond à la variation du nombre de volts par unité de temps qu’est capable de présenter sa sortie. Par exemple si un dispositif affiche un Slew Rate de 10 volts/microseconde cela signifie que sa sortie pourra passer de 0 à 10 V en une microseconde. Un paramètre différent de la notion de réponse en fréquence puisqu’elle fait intervenir l’amplitude de la variation de tension à délivrer. Pour reprendre l’exemple précédent de notre système doté d’un Slew Rate de 10 V/µs, il ne mettra que 0,1 µs à restituer une variation de 1 volt, mais 10 µs si elle est de 100 volts. Bénéficier d’un Slew Rate élevé assure donc beaucoup de réactivité au système et, dans notre cas, permet de restituer avec aisance les fréquences impulsionnelles marquées.

Transformateur Type EI

Précisons que, si disposer d’étages de sortie à la puissance conséquente est un fait, encore faut‑il les approvisionner en énergie de manière efficace pour bénéficier de leurs possibilités. Ici encore, Yamaha s’est orienté vers une solution assez conventionnelle. L’alimentation du RX‑A8A s’articule autour d’un transformateur type EI largement dimensionné. Certes, il ne serait pas en mesure de délivrer en permanence l’énergie nécessaire pour alimenter les onze canaux simultanément s’ils étaient sollicités à leur puissance maximale, dans ce cas la consommation totale dépasserait les 2 kilowatts ! Mais sa puissance est plus que suffisante pour alimenter l’ensemble des canaux dans des conditions d’utilisation « normales », même à volume d’écoute très soutenu et faisant régulièrement appel aux ressources maximales des étages de puissance.

En effet, la musique n’est pas un signal d’amplitude constante mais, au contraire, est constituée d’alternances de pics de consommations et de périodes moins gourmandes en énergie. Dans ce mode de fonctionnement altérant appels de puissance et périodes plus calmes, l’utilisation de condensateurs de très forte valeur permet de « lisser » la consommation des étages de puissance, ce qui diminue considérablement les pics de consommation et ainsi la puissance que doit ponctuellement délivrer le transformateur. Pour assurer ce lissage, Yamaha n’a pas hésité à offrir au RX‑A8A une réserve d’énergie conséquente en associant au transformateur des condensateurs cumulant une capacité de 22 000 microfarads.

Nouvelle structure de châssis

Mais, recourir à un transformateur aussi généreusement dimensionné entraîne certaines contraintes mécaniques. Yamaha a donc dû repenser la structure du châssis du RX‑A8A. Le transformateur prend place à l’avant du coffret, juste derrière sa façade, et se trouve encadré de deux groupes d’électroniques correspondant aux onze étages de puissance. Cet agencement réduit la distance les séparant de l’alimentation et, en conséquence, minimise l’impédance du circuit d’alimentation. Sur le plan mécanique, cette disposition possède aussi l’avantage de pouvoir offrir au châssis du RX‑A8A une structure en « H » en le dotant d’une plaque de renfort centrale. Enfin, un cinquième pied, mettant à contribution des pièces en laiton, logé sous le transformateur optimise l’écoulement d’éventuelles vibrations (cf. photo ci‑dessous).

Compatibilité 8K/60

Enfin, n’oublions pas que le RX‑A8A se veut être un amplificateur audio‑vidéo et s’il revendique des caractéristiques d’exception pour ses sections audio, il a aussi pour ambition de figurer au nombre des éléments dotés de caractéristiques vidéo de très haut niveau. S’il est en mesure de gérer les signaux vidéo analogiques anciens formats, il est particulièrement bien pourvu pour gérer au mieux les flux vidéo numériques les plus actuels. Un point particulièrement visible au niveau de ses ports HDMI. Fait rare sur ce type d’équipement, ils sont tous de type HDMI 2.1/HDCP 2.3 et doté d’une bande passante de 24 gigabits par seconde. Le RX‑A8A, non seulement capable de gérer le HDR10+, est donc aussi compatible tant avec les flux 4K/120 Hz que 8K/60 Hz.

HDMI 2.1 avec signaux vidéo A et/ou B

À ce sujet, Yamaha précise que le RX‑V8A est capable de gérer les signaux 8K/60B et 4K/120AB. Pour clarifier la situation, sachez que le suffixe B signifie « compressé » alors que le suffixe A indique la prise en charge d'un signal « non compressé ». Dans le cas présent, le RX‑V8A gérera donc les signaux UHD 8K à 60 Hz compressés, et les signaux UHD 4K à 120 Hz compressés ou non compressés.

Autocalibrage YPAO

Enfin, comme de tradition chez Yamaha, le RX‑V8A dispose du système d’autocalibrage YPAO spécifique à la marque via un micro fourni. Outre les réglages de phase et de niveau, indispensables à la bonne restitution des ambiances sonores enveloppantes, il compense aussi les imperfections acoustiques des enceintes et de la pièce pour offrir plus de naturel à la restitution.

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