Wall Street très hésitant, après une nouvelle salve de trimestriels
Par amk, 25/02/2022

Wall Street très hésitant, après une nouvelle salve de trimestriels

(Boursier.com) — Lacote américaine est attendue dans le rouge avant bourse ce mardi. Le DJIA perd 0,8% et le S&P 500 1,4%. Le Nasdaq rend plus de 2%. Le baril de brut WTI avance de 0,5% vers les 84$. L'once d'or grappille 0,1% à 1.843$. L'indice dollar gagne 0,3% face à un panier de devises.

Sur le front économique ce mardi à Wall Street, l'indice S&P Case-Shiller des prix des maisons pour le mois de novembre a dépassé les attentes. L'indice 20-City ajusté a augmenté de 1,2% en comparaison du mois antérieur contre 1% de consensus et 1% un mois avant. L'indice FHFA des prix de l'immobilier, qui vient aussi d'être publié, a progressé de 1,1% par rapport au mois antérieur contre 1% de consensus de place.

L'indice de confiance des consommateurs américains pour le mois de janvier 2022, mesuré par le Conference Board, sera révélé à 16 heures (consensus 112). L'indice manufacturier de la Fed de Richmond pour janvier sera enfin annoncé à 16 heures (consensus 14).

Hier soir, la cote américaine terminait miraculeusement dans le vert au terme d'une séance particulièrement mouvementée. Le DJIA prenait 0,29% et le Nasdaq 0,63%, alors que les indices US avaient pourtant ouvert en très forte baisse.

Les inquiétudes géopolitiques pèsent quoi qu'il en soit, avec le dossier Russie-Ukraine. L'OTAN a placé ses forces en état d'alerte et décidé d'envoyer des renforts en Europe de l'Est, en pleine crise ouverte entre la Russie et les puissances occidentales qui redoutent une opération russe en Ukraine. Etats-Unis et Royaume-Uni ont annoncé l'évacuation d'Ukraine d'une partie de leur personnel diplomatique et de leurs familles, face à la menace russe jugée croissante. Les tensions se sont aggravées durant les mois récents, avec le déploiement par la Russie d'environ 100.000 soldats aux frontières de l'Ukraine, laissant craindre une offensive russe. Moscou nie toujours, pour sa part, toute intention belliqueuse. L'Occident menace enfin la Russie de lourdes sanctions économiques en cas d'invasion de l'Ukraine.

Sur le front sanitaire, le pic de la vague Omicron semble se confirmer aux États-Unis et dans plusieurs autres régions du monde. Aux USA, le nombre des cas diminue clairement dans les zones précédemment les plus touchées.

La semaine est aussi marquée par la réunion monétaire de la Fed, qui se tient ce mardi et demain mercredi. Le communiqué monétaire de la banque centrale et la conférence de presse de Powell sont attendus demain soir à 20 heures et 20h30. Les opérateurs seront très attentifs et sensibles aux commentaires de la banque centrale et de Jerome Powell au sujet de l'inflation et du rythme du durcissement monétaire qui devrait suivre le 'tapering' accéléré actuellement lancé. La question de la réduction du bilan de la Fed sera aussi cruciale.

Les discussions se poursuivent concernant le rythme du resserrement potentiel en 2022, les attentes portant sur quatre possibles hausses de taux d'un quart de point durant l'année. Le Wall Street Journal évoque la possibilité d'une réponse plus agressive si les responsables estiment que l'inflation restera plus élevée plus longtemps. Goldman Sachs a également relevé le risque d'un resserrement plus agressif, indique Bloomberg. Sa base de référence actuelle suppose des hausses de taux lors des réunions de mars, juin, septembre et décembre, mais la banque d'affaires note des risques à la hausse dans un contexte d'inquiétudes concernant les perturbations prolongées de la chaîne d'approvisionnement, la forte croissance des salaires et des loyers et la hausse des anticipations d'inflation à court terme. Les analystes ont signalé la possibilité d'une hausse des taux de la Fed à chaque réunion monétaire, si les attentes d'inflation à long terme continuaient d'augmenter ou si l'inflation surprenait à nouveau de manière défavorable.

Le WSJ a également noté que, contrairement aux cycles de resserrement précédents, la Fed pourrait limiter les orientations prospectives sur les taux étant donné les plus grandes incertitudes sur le marché du travail, les salaires et l'inflation, laissant les marchés vulnérables face à la volatilité actuelle.

La réunion du FOMC de cette semaine devrait préparer le terrain en vue d'une première hausse des taux en mars. La déclaration de la Fed devrait mettre en évidence les progrès du marché du travail vers le plein emploi, à un moment où l'inflation dépasse déjà 2%. UBS fait le parallèle avec le communiqué d'octobre 2015. La réunion FOMC avait alors précédé la hausse initiale de décembre 2015. La déclaration mentionnait explicitement "la prochaine réunion" pour un premier relèvement de taux du cycle. Le communiqué attendu demain devrait également mettre en évidence la fin des achats d'actifs en mars. Un autre débat porte sur la question de savoir si la Fed publiera également un document séparé contenant des détails sur la réduction du bilan, bien que le consensus semble être qu'il sera révélé lors de l'une des deux prochaines réunions. Certains estiment en outre que Powell pourrait repousser un peu les appels à une hausse des taux de 50 points de base en mars, réitérant la préférence de la Fed pour une approche mesurée. Le leader de la Fed est quoi qu'il en soit poussé à un "resserrement quantitatif". Il pourrait aussi faire face à des questions sur une possible erreur politique, à la lumière de la récente faiblesse du marché.

Dans l'actualité des entreprises, IBM a réconforté hier soir par ses derniers comptes, montrant un redressement avec la croissance du cloud. Le groupe a ainsi dépassé les attentes sur son quatrième trimestre.

Ce mardi, 3M, Archer-Daniels, American Express, Lockheed Martin, General Electric, Raytheon, Verizon, Microsoft, Xerox, Paccar, Texas Instruments, Capital One Financial et Johnson & Johnson, publient notamment leurs derniers résultats financiers.

Les valeurs

IBM a publié lundi soir après la clôture de Wall Street ses premiers résultats trimestriels depuis le "spinoff" de sa branche historique de services numériques, Kyndryl, mise en Bourse en novembre dernier. Le nouveau "Big Blue", désormais recentré sur des technologies non-IBM, notamment dans le cloud, a publié des comptes supérieurs aux attentes au 4e trimestre 2021.

Le bénéfice net trimestriel du géant du numérique a ainsi atteint 2,33 milliards de dollars (2,60$ par action) contre 1,36 Md$ (1,52$ par action) un an plus tôt. En données ajustées, le bpa a atteint 3,35$, légèrement supérieur aux attentes du consens FactSet (3,30$). Les revenus ont grimpé à 16,7 Mds$ contre 15,68 Mds$ un an plus tôt, là aussi supérieurs au consensus, qui tablait sur des ventes de 15,96 Mds$.

Nvidia se préparerait à abandonner l'acquisition du Britannique Arm, croit savoir l'agence Bloomberg. Ainsi, le géant américain des processeurs graphiques, freiné dans son élan par les autorités de concurrence, pourrait jeter l'éponge. Bloomberg précise que la compagnie a indiqué à ses partenaires qu'elle ne s'attendait pas à pouvoir finaliser le rachat. De son côté, le Japonais SoftBank, actuel propriétaire d'Arm, chercherait à introduire en bourse le groupe. Nvidia ambitionnait de racheter Arm pour un montant voisin de 40 milliards de dollars, mais les régulateurs lui ont depuis mis des bâtons dans les roues.

Johnson & Johnson, le colosse médical et pharmaceutique américain, dit ce mardi tabler sur des revenus allant de 3 milliards à 3,5 milliards de dollars pour son vaccin Covid-19 cette année, contre 2,39 milliards de dollars générés en 2021. L'an dernier, des problèmes de qualité sur le site de Baltimore avaient obligé le groupe à se débarrasser de millions de doses de son vaccin. Malgré ces quelques soucis de production et une demande inégale, J&J parvient à tirer plusieurs milliards de dollars de son vaccin.

Pour le quatrième trimestre fiscal, les revenus totaux du groupe ont été de 24,8 milliards de dollars, en croissance de 10,4% en glissement annuel, la progression organique étant ressortie à 11,6% (12,3% sur une base ajustée). Sur l'exercice, les ventes ont été de 93,8 milliards de dollars, en augmentation de 13,6%. Sur le seul trimestre clos, le bénéfice consolidé par action a été de 1,77$, presque triplé en glissement annuel, tandis que le bénéfice ajusté par action a représenté 2,13$, en augmentation de 14,5%. Le consensus était de 2,12$ de bpa ajusté et 25,29 milliards de revenus.

General Electric, le conglomérat industriel de Boston, se montre confiant pour l'exercice 2022. Il faut dire que GE a bien terminé l'année 2021, générant sur le dernier trimestre un free cash flow des opérations industrielles de 3,8 milliards de dollars, pour un bénéfice ajusté par action de 92 cents à comparer à un consensus de 85 cents. Le groupe anticipe des profits et un free cash flow améliorés cette année. GE vise ainsi un bénéfice ajusté par action allant de 2,8 à 3,5$, contre 1,71$ un an auparavant. Le free cash flow annuel est maintenant attendu entre 5,5 et 6,5 milliards de dollars, contre 2,6 milliards de dollars en 2021.

3M, le géant industriel diversifié américain, a annoncé pour le trimestre clos une baisse de son bénéfice, mais les trimestriels ont dépassé les attentes de marché. Le bénéfice net du quatrième trimestre fiscal est ressorti à 1,34 milliard de dollars soit 2,31$ par titre, contre 1,41 milliard sur la période correspondante, l'an dernier. Les revenus ont augmenté marginalement de 0,3% à 8,6 milliards de dollars. Les dépenses ont atteint 7 milliards de dollars, contre 6,7 milliards un an avant. Le consensus était de 2,02$ de bpa ajusté et 8,61 milliards de recettes. Les perspectives financières pour 2022 ne seront dévoilées que le 14 février.

American Express a renforcé ses prévisions financières ce jour, avec des dépenses historiques par cartes de crédit. Pour le quatrième trimestre fiscal, le groupe a aisément dépassé les attentes de marché en termes de revenus et de profits. Le bénéfice net trimestriel a été de 1,72 milliard de dollars et 2,18$ par titre, contre 1,44 milliard et 1,76$ par action sur la période correspondante, l'an dernier. Le consensus FactSet était de 1,86$ de bpa. Les revenus nets ont totalisé 12,15 milliards de dollars sur la période close, contre 9,35 milliards un an avant. Le consensus était de 11,5 milliards. Stephen Squeri, CEO d'AmEx, évoque à ce sujet le niveau record des dépenses par cartes.

Tesla. Moody's a rehaussé de deux crans sa note sur Tesla de 'Ba3' à 'Ba1', estimant que le constructeur devrait conserver sa position de leader sur le marché des véhicules électriques.

Verizon, l'opérateur télécom américain, a recruté au quatrième trimestre 558.000 nouveaux abonnés de téléphonie mobile, contre 548.000 prévus par le cabinet d'études FactSet, avec le déploiement rapide des services de cinquième génération.

Lockheed Martin, le contractant américain de défense, a livré des profits trimestriels supérieurs aux attentes de marché et confirmé ses estimations 2022 de ventes. Sur le quatrième trimestre, le bénéfice a été de 2 milliards de dollars soit 7,47$ par action, contre 1,98 Md$ de consensus. Les revenus ont été de 17,7 milliards de dollars sur le trimestre contre 17,67 Mds$ de consensus. Le bpa annuel est désormais attendu à 26,7$, au-dessus des attentes du consensus.

Raytheon, autre acteur majeur de la défense, a battu le consensus de profit trimestriel mais raté celui de revenus. La guidance annuelle déçoit par ailleurs quelque peu. Le bénéfice net trimestriel a été de 686 millions de dollars et 46 cents par action, contre 135 millions un an avant. Les revenus trimestriels se sont appréciés de 3,8% à 17,04 milliards de dollars, mais ils manquent donc le consensus.

Meta Platforms, ex-Facebook, a mis au point un superordinateur doté d'une nouvelle intelligence artificielle présentée comme la plus rapide au monde. L'AI Research SuperCluster, dont la sortie est prévue au deuxième semestre, a été conçu en partenariat avec Nvidia, Pure Storage et Penguin Computing.

Regeneron et Eli Lilly sont à suivre, alors que la Food and Drug Administration a limité l'usage des traitements covid à base d'anticorps développés par les deux groupes, estimant qu'ils ne pouvaient être utilisés partout aux Etats-Unis au regard de leur probable inéfficacité contre le variant Omicron.

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