Un jeune afghan de Dordogne bloqué près de l'aéroport de Kaboul lance un appel à l'aide
Par amk, 29/09/2022

Un jeune afghan de Dordogne bloqué près de l'aéroport de Kaboul lance un appel à l'aide

Société-
Par Marc Bertrand, France Bleu Périgord, France Bleu
Périgueux

Un jeune afghan de 19 ans scolarisé en Dordogne est coincé à Kaboul, où il était retourné cet été en vacances. Son statut n'est pas considéré comme prioritaire par les autorités françaises. Ce samedi, il a été fouetté par les talibans en tentant d'approcher l'aéroport.

"Je viens d'être fouetté par les talibans. Aidez-moi si vous m'entendez" : c'est le message posté samedi matin sur les réseaux sociaux par un jeune afghan de Dordogne, devant l'aéroport de Kaboul où il tentait, comme des milliers de personnes, d'approcher de l'entrée barrée par les soldats américains d'un côté, les talibans de l'autre. Le jeune homme, qui vit dans le Périgord depuis plusieurs années, était retourné en Afghanistan pour la première fois cet été pour revoir ses parents. Il est bloqué à Kaboul depuis la prise de pouvoir des talibans : "Je risque ma vie à chaque instant ici", assure le jeune homme.

"Je risque ma vie à chaque instant"

Le jeune afghan de 19 ans est scolarisé depuis plusieurs années dans le Périgord : "Il a ses papiers, sa carte pluriannuelle de séjour est valide, il n'y a aucun problème avec ça", explique Jean-Marie Lelièvre, membre du Comité Central de la Ligue des Droits de l'Homme. Son avion devait repartir à la fin du mois, mais toutes les compagnies ont annulé leurs vols : "L'ambassade ne répond plus, ni au téléphone, ni par mail, je n'ai aucune réponse", assure le jeune homme.

Un jeune afghan de Dordogne bloqué près de l'aéroport de Kaboul lance un appel à l'aide

Samedi, comme tous les matins depuis quatre jours, il est allé devant l'aéroport de Kaboul. C'est de là-bas que partent les avions qui rapatrient les Français et les Afghans ayant travaillé avec les autorités françaises : "J'ai été devant les entrées de l'aéroport, mais il y a des milliers de personnes devant la porte", témoigne le jeune homme par téléphone. Des militaires des forces spéciales afghanes, et des soldats américains barrent les entrées. Impossible d'entrer en contact avec les services français : "Ils sont à l'intérieur". Derrière, des talibans : "Ils tirent en l'air et fouettent les enfants comme les adultes", raconte le jeune Périgourdin. "Je viens d'être fouetté", raconte-t-il quelques minutes plus tard.

Impossible de joindre les autorités françaises

Le jeune afghan "n'a pas un statut qui permet de le rapatrier en priorité. La France évacue en priorité les Afghans qui ont collaboré avec les autorités françaises. Et ce jeune homme ne rentre pas dans ces critères", selon Jean-Marie Lelièvre. L'oncle du jeune homme, installé en Dordogne, est au téléphone avec lui régulièrement : "Il faut qu'on puisse le sortir de Kaboul et qu'il puisse reprendre ses études." En attendant, le jeune homme change de logement tous les jours pour ne pas être repéré : "Les talibans ont commencé à fouiller les maisons. Je suis vraiment fatigué, vous ne pouvez pas imaginer."

Selon Jean-Marie Lelièvre, la cellule de crise du Quai d'Orsay est informée de la situation du jeune Afghan, et celui-ci est répertorié par les autorités : "La question maintenant, c'est de savoir comment la France va pouvoir évacuer des Afghans, sous le regard des talibans. On ne sait pas si la France va pouvoir évacuer des gens comme lui." Mais pour lui, les moyens de pression de la France sur les talibans, pour un Afghan dans sa situation, sont "pratiquement nuls".

Marc BertrandFrance Bleu Périgord
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